MILIEU SCOLAIRE

Toutes les commissions scolaires doivent répondre aux besoins de l’élève selon les objectifs ciblés POUR L’ENFANT.

Un enfant est en âge d’intégrer le milieu scolaire s’il a 5 ans avant le 30 septembre de chaque année scolaire. Des services sont en place et bien définis dans chaque école de la grande région de Québec. Si l’enfant ayant des difficultés n’a jamais été vu par des professionnels lorsqu’il était au préscolaire, il sera observé et engagé dans un processus de dépistage. Peu importe le moment de son entrée à l’école, l’enfant pourra poursuivre le recours aux services déjà reçus dans une autre école, en milieu privé ou dans un centre de réadaptation. Veuillez noter qu’une entente entre les centres de réadaptation et les milieux scolaires stipule que les services devraient être complémentaires et non doublés.

Plusieurs parents s’interrogent sur le fonctionnement du système scolaire lorsqu’ils ont un enfant en difficulté. Notez que la première étape, avant de mettre en place des services, est la rencontre des parents avec la direction et les différents intervenants lors de l’inscription de l’enfant afin d’établir le plan d’intervention. Toutes les commissions scolaires doivent répondre, selon la loi d’intégration publique, aux besoins de l’enfant selon les objectifs POUR L’ENFANT. Bien que le processus puisse sembler difficile à comprendre et parfois déstabilisant pour les parents, il est TRÈS important que ces derniers se renseignent et qu’ils soient proactifs dans le dossier de leur enfant dès le début de sa scolarité.

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Dysphasie Québec conseille, avant toute chose, que les parents aient en leur possession des copies de tous les rapports émis par les différents professionnels qui ont rencontré l’enfant et qu’ils en connaissent le contenu. L’école demandera ces rapports et en les ayant en leur possession, les délais d’évaluations et de suivis des besoins de l’enfant seront diminués. Il est important aussi que les parents en prennent connaissance. Il sera plus facile pour eux de présenter leur enfant aux différents milieux que ce dernier fréquente. Les parents peuvent demander l’aide d’un membre de l’équipe de l’école pour mieux comprendre les rapports.

Les informations ci-dessous présentent, de manière générale, les processus et les différents services offerts. Il y a parfois des vides de services. Des commissions scolaires offrent certains services tandis que d’autres non, mais lorsque les besoins de l’enfant sont connus, la commission scolaire a le mandat de mettre en place les mesures pour l’aider.

Lors de l’inscription de l’enfant, s’il a un diagnostic de dysphasie ou s’il est en processus d’évaluation, il est important d’aviser la direction de l’école et l’enseignant. Normalement, l’enfant sera placé à la maternelle avec les groupes réguliers afin de connaitre ses capacités. Au cours de l’année, l’équipe d’intervenants l’observera et ils constateront ses besoins.

Code 34

Le code 34 est le code donné aux enfants présentant des déficiences langagières par le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR) en se basant sur les rapports d’évaluations reçus de l’école. Les commissions scolaires remettent ces dossiers au MEESR, lors de la déclaration de leur clientèle le 30 septembre de chaque année. C’est donc le MEESR qui décidera si l’enfant a une assez grande déficience langagière pour que la commission scolaire et l’école reçoivent des subventions supplémentaires afin d’offrir des services plus spécialisés. Pour que l’enfant obtienne le classement du code 34, les résultats des évaluations doivent révéler une atteinte sévère de l’évolution du langage, de l’expression verbale, des fonctions cognitivo-verbales et une atteinte modérée à sévère de la compréhension verbale (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, 2007).

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La majorité des services ne sont pas offerts uniquement aux élèves auxquels le code a été attribué, mais aussi à tous ceux qui en ont besoin. L’émission d’un code est une mesure administrative. Si les élèves codés n’ont pas besoin de l’aide fournie par la subvention à certains moments, d’autres élèves non codés ayant des besoins pourraient utiliser une partie des services offerts grâce aux subventions.

Selon les commissions scolaires, les écoles offrent différents services aux enfants avec le code 34. Elles offrent toutes de l’adaptation continue pour l’élève en classe régulière ou en classe adaptée. Certaines utiliseront les termes « classe spéciale » ou « classe COM » tandis que d’autres forment des classes constituées uniquement d’élèves vivant avec la dysphasie. Sachez que toutes ces appellations réfèrent au même service, soit celui d’adapter l’éducation en fonction des besoins de l’élève.

L’enfant en difficulté langagière ayant besoin de méthodes d’apprentissage adaptées se retrouvera dans un processus de différenciation pédagogique. Il s’agit du soutien à apporter à un élève ayant des besoins particuliers. Cette différenciation pédagogique peut se traduire par la flexibilité pédagogique, qui vise à permettre à tous les élèves de réaliser les activités et de progresser dans leurs apprentissages, par des mesures d’adaptation qui permettent de réaliser les mêmes apprentissages que les autres élèves. Ces mesures d’adaptation atténuent les obstacles et elles ne changent ni la nature ni les exigences des situations d’apprentissage ou d’évaluation ou par une modification, soit de réduire les attentes par rapport aux exigences du programme scolaire.

Le document Précisions sur la flexibilité pédagogique, les mesures d’adaptation et les modifications pour les élèves ayant des besoins particuliers permet de se renseigner davantage sur ce sujet.

Puisque la dysphasie est un trouble qui «entraîne une incapacité significative et persistante qui amène à rencontrer des obstacles dans l’accomplissement d’activités courantes» (OPHQ, 2015), le gouvernement considère, selon le degré de sévérité du trouble, l’élève qui vit avec la dysphasie comme une personne handicapée. Pour tout élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, l’école a le devoir de mettre en place un plan d’intervention, indiquant les mesures de différenciation, pour l’enfant en difficulté.

Un plan d’intervention, qu’est-ce que c’est?

Le plan d’intervention est une démarche de résolution de problème et de concertation entre les parents et les intervenants d’un enfant en difficulté. C’est aussi un outil de suivi qui sert à identifier les besoins de l’élève. Il permet de planifier les objectifs de l’élève et les moyens pour les réaliser et ainsi évaluer la progression en apposant des échéanciers. Finalement le plan d’intervention permet de planifier la mise en place des services et des ressources requis tout en identifiant les personnes responsables de ces adaptations. Le plan d’intervention sert à ce que tous interviennent et adaptent leurs actions vers un but commun, aider le jeune.

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Le plan d’intervention est élaboré dans les deux mois suivant la rentrée scolaire. Il est habituellement révisé selon les besoins de l’élève, pour voir la progression dans le développement des compétences. Il est aussi consulté pour vérifier la pertinence de maintenir ou de modifier les interventions ciblées au fur et à mesure que l’année avance.

Plusieurs personnes peuvent participer à l’élaboration du plan d’intervention. En effet, la direction d’école (responsable du plan d’intervention), les enseignants en adaptation scolaire ou spécialisée, les professionnels non enseignants, les techniciens en éducation spécialisée, les éducateurs au service de garde, les intervenants extérieurs au milieu scolaire (comme ceux des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) ou des centres de réadaptation ou un conseiller à l’intégration de l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ)) peuvent contribuer à l’élaboration du plan d’intervention. Les personnes les plus importantes dans ce processus sont les parents et l’élève puisqu’ils demeurent les premiers responsables de transmettre leur réalité et leur compréhension de la situation. Afin de bien se préparer, le ou les parents doivent préparer leurs questions à l’avance. Il est important aussi qu’ils se préparent à répondre à diverses questions sur leur enfant, par exemple ses forces, ses difficultés, ce qui le motive, ce qui l’inquiète, etc. Les parents peuvent aussi préciser les moyens qu’ils aimeraient voir inclus au plan d’intervention.

Finalement, le plan d’intervention est pour l’enfant et les meilleures personnes pour parler de lui sont ses parents. Leur collaboration à l’élaboration du plan d’intervention est importante puisque ce sont eux qui connaissent les besoins de leur jeune. Ce sont eux qui ont le dernier mot en décidant, par leur signature, d’adopter ou non le plan d’intervention de leur enfant. L’école doit reconnaitre les parents comme des partenaires essentiels à la réussite de l’enfant et ainsi intensifier la collaboration école-famille-communauté dans la réponse aux besoins du jeune.

Références

Pour plus d’informations sur les plans d’interventions, vous pouvez consulter les sites Internet suivants:

Votre rôle en tant que parent

Pourquoi vous impliquer?

  • pour soutenir votre enfant dans son bien-être et dans ses apprentissages. N’oubliez pas que vous êtes LE spécialiste de votre enfant. Personne ne le connaît mieux que vous;
  • parce que si votre enfant n’est pas bien (estime de soi, anxiété, motivation, lien avec l’adulte), il ne sera pas ouvert aux apprentissages;
  • parce que vous êtes une ressource d’informations importante sur les démarches entreprises dans le passé pour les professionnels qui gravitent maintenant autour de votre jeune;
  • Votre enfant se sentira bien et rassuré de vous voir travailler en équipe avec l’école et les autres organismes;

Vous pouvez aussi

  • Organisez une rencontre en début d’année avec le titulaire et n’oubliez pas d’y inviter les spécialistes et le service de garde. Distribuez-leur des documents expliquant ce qu’est la dysphasie;
  • Parlez des troubles associés présents chez votre enfant;
  • Allez chercher du support (l’orthophoniste de votre enfant, Dysphasie Québec, OPHQ, etc.).

De manière générale

Les services complémentaires suivants sont offerts dans les écoles primaires et secondaires
  • Orthopédagogie;
  • Orthophonie;
  • Psychoéducation;
  • Éducation spécialisée;
  • Psychologie;
  • Travail social.
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Ce sont souvent les enseignants qui détectent, dans leur classe ou en consultant le dossier d’aide de l’élève, un besoin de services particuliers. C’est, entre autres, lors de l’élaboration du plan d’intervention que la direction, en collaboration avec l’enseignant, remplit une demande de services. Les parents, qui ont encore un très grand rôle à jouer dans l’accessibilité à ces services, doivent autoriser cette demande.

Une fois à l’école secondaire, il est toujours possible de poursuivre l’encadrement et l’accompagnement selon les besoins de votre jeune. À ce stade de son cheminement scolaire, toujours selon la commission scolaire, l’élève présentant des troubles particuliers peut encore à ce stade bénéficier de l’accompagnement d’un tuteur, d’un surveillant-éducateur, ou d’autres services répondant à ses besoins.

Même si l’enseignement est individualisé, pour l’élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, le travail par projet interdisciplinaire prend une très grande place dans le processus d’apprentissage. Les objectifs à atteindre avec les élèves en difficulté sont les mêmes que ceux attendus pour un élève sans difficulté, mais les moyens pour les atteindre sont différents. Il est à noter que les élèves font partie du même groupe pendant toute l’année scolaire.

Services des commissions scolaires

Dans chaque commission scolaire de la région de Québec, certaines écoles se démarquent par leur approche avec la clientèle vivant avec une déficience intellectuelle légère, une dysphasie ou un trouble sévère du langage ou du comportement. Certaines commissions scolaires ont centralisé leurs services aux élèves en grandes difficultés dans une école. Les élèves ayant des besoins sont transférés dans cette école afin de faciliter l’accès aux services. Il existe aussi des «classes d’adaptation scolaire» et des «classes de préparation au marché du travail et d’exploration des métiers» dans toutes les commissions scolaires. Vous pouvez visiter le site des différentes commissions scolaires afin de connaitre quelles sont les écoles plus spécialisées.

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Dans chaque commission scolaire de la région de Québec, certaines écoles se démarquent par leur approche avec la clientèle vivant avec une déficience intellectuelle légère, une dysphasie ou un trouble sévère du langage ou du comportement. Certaines commissions scolaires ont centralisé leurs services aux élèves en grandes difficultés dans une école. Les élèves ayant des besoins sont transférés dans cette école afin de faciliter l’accès aux services. Il existe aussi des «classes d’adaptation scolaire» et des «classes de préparation au marché du travail et d’exploration des métiers» dans toutes les commissions scolaires. Vous pouvez visiter le site des différentes commissions scolaires afin de connaitre quelles sont les écoles plus spécialisées.

Références

Rôle des parents d’un enfant ayant des besoins particuliers (www.fcpq.qc.ca)

Entente de complémentarité MELS-MSSS

En cas de mécontentement

Par rapport aux services offerts

Si l’école n’offre pas ou ne respecte pas les adaptations prévues, la première étape à faire est de rencontrer la direction. Par la suite, si vous êtes toujours insatisfait des services offerts pour votre jeune, vous pouvez vous référer aux services éducatifs de la commission scolaire de l’école. Toutes les plaintes sont considérées et doivent recevoir un suivi. «Le protecteur de l’élève» devient la personne responsable de ce dossier, celle à qui il faut se référer.

Par la suite, s’il y a toujours des mésententes, les parents peuvent se référer à l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ). L’objectif de cet organisme gouvernemental est de défendre les droits des personnes handicapées.

Les services offerts sont destinés aux personnes handicapées (déficience physique, déficience intellectuelle, TSA, santé mentale), à leur famille, à leurs proches, aux milieux associatifs, aux partenaires gouvernementaux et socio-économiques ainsi qu’aux citoyens. Une équipe de conseillers à l’intégration a pour fonction d’accueillir, d’informer et de recommander les personnes dans le besoin. Elle soutient et guide la personne handicapée et sa famille afin de déterminer la stratégie à suivre pour l’accès aux services et aux programmes et les accompagne dans leurs démarches auprès des organismes dispensateurs de services.

L’équipe de conseillers de l’OPHQ peut aussi aider les personnes handicapées et leur famille à cibler leurs besoins. Elle peut fournir les renseignements appropriés sur les programmes, les services et les mesures favorisant l’intégration scolaire, professionnelle et sociale des personnes handicapées. Elle peut aussi recommander la personne, lorsque nécessaire, en soutien-conseil et accompagnement ou la recommander à l’organisme qui pourra le mieux répondre à ses besoins.

Voici les domaines d’interventions des conseillers de l’OPHQ:

  • Services éducatifs et formation continue: accompagnement des parents pour la réalisation du plan d’intervention, information sur les classes spéciales, fréquentation à temps plein des maternelles et entrée progressive, fréquentation du Service de garde, transport scolaire, expulsion et suspension.
  • Ressources résidentielles: demandes, logement adapté, supervisé, à loyer modique, placement en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) pour des personnes jeunes, programme d’adaptation de domicile (PAD), ergothérapeutes, évaluation des besoins.

En d’autres mots, l’OPHQ soutient, conseille et accompagne sur tout ce qui entoure les droits des personnes vivant avec quelconques handicaps ou déficiences.

Merci à Louise De Champlain, orthopédagogue spécialisée en difficultés langagières pour la collaboration et la révision de ce contenu.

Références

OPHQ. (2015). Qu’est-ce qu’une personne handicapée?. Repéré à https://www.ophq.gouv.qc.ca/loffice/quest-ce-quune-personne-handicapee.html

Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Gouvernement du Québec. (2007). L’organisation des services éducatifs aux élèves à risque et aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Repéré à http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/dpse/adaptation_serv_compl/19-7065.pdf